22 May

Le premier robot policier anthropomorphe a rejoint la police de Dubaï

Le premier robot policier anthropomorphe a rejoint la police de Dubaï

C’est la première fois que des forces de l’ordre se dotent de robots anthropomorphes aux capacités étendus. Heureusement, ils ne seront pas armés. Pour le moment…

Il y a bien longtemps que les policiers robots ont envahi la fiction et la culture pop. La police de Dubaï s’apprête à mettre les premiers en service dans le monde réel et espère en construire assez pour que les robots constituent 25 % de ses forces en 2030. Vous avez dit flippant ?

Le premier robot policier a rejoint les rangs de la police dubaïote dimanche 21 mai. Beaucoup d’autres vont suivre dans les semaines à venir. Ils pèsent 100 kg pour 170 cm, sont équipés d’un détecteur d’émotions visant à identifier les gestes ou les signaux de mains, et peuvent percevoir les émotions et les expressions du visage.

Ces robocops – puisqu’il n’ont apparemment pas de nom officiel – auront pour mission de patrouiller dans les rues de la capitale des Émirats arabes unis pour débusquer des malfaiteurs, notamment grâce aux vidéos qu’ils seront constamment en train de prendre. Ils seront également capables d’aider les gens en cas de problème et de répondre à leurs demandes, notamment pour les touristes, puisqu’ils parleront neuf langues différentes.

En somme, c’est un assistant robotique et zélé que la police de Dubaï va se voir attribuer. Malgré les nombreuses utilisations que les polices du monde entier ont pu trouver aux robots, c’est la première fois qu’un anthropomorphe avec des capacités si étendues et un véritable rôle social rejoint et est traité à part entière comme un véritable policier.

L’arme, la ligne rouge

Mis à part la chair et le sang, qu’est-ce qui le différenciera des policiers humains ? Pour le moment, c’est la possibilité de poursuivre et d’arrêter des personnes. C’est néanmoins le but des autorités à terme.

“Nous voulons créer un robot totalement fonctionnel, qui peut travailler de la même manière qu’un officier”, affirme le brigadier Khalid Nasser Alrazooqi, directeur général du Smart Services Department de la police de Dubaï à CNN. Une plus grande dextérité, la capacité de courir ou capturer des criminels, c’est ce que veulent les autorités pour les robots de la police de Dubaï.

Et porter des armes ? “C’est une ligne rouge très sérieuse”, affirme le brigadier, soutenant que Dubaï ne s’engagera jamais sur ce chemin. L’entreprise espagnole en charge de la conception des robots policers, PAL Robotics, affirme également au site anglophone qu’ils ne construiront pas de projets à but militaire. Néanmoins, le directeur commercial de PAL reconnaît que le marché pourrait être particulièrement lucratif.

Et si un pays franchissait cette ligne rouge ? La Russie, avec son robot FEDOR, a créé un humanoïde de combat redoutable qui devrait rejoindre les rangs de l’armée avant 2021. Si l’un d’entre eux rejoignait la police, que se passerait-il en cas de soulèvement populaire particulièrement virulent ? On s’interroge.

Mais le problème n’est pas que moral : les intelligences artificielles construites à l’heure actuelle sont-elles capables d’assumer de telles responsabilités ? Jusqu’ici, les algorithmes et les IA utilisés par la justice et la police ont surtout montré à quel point leur jugement pouvait être biaisé par des stéréotypes.

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