05 Oct

Entreprendre avec ZÉRO franc : les solutions de Mathey contre le chômage en Afrique

Entreprendre avec ZÉRO franc : les solutions de Mathey contre le chômage en Afrique

Samuel Mathey est PHD en économie. Il a créé une fondation dont il est le président : la FAFEDE (Fondation africaine pour l’entrepreneuriat et le développement économique). Cet Africain qui a enseigné à HEC Paris et dans certaines universités des USA dit avoir trouvé deux réponses à la question de l’emploi des jeunes en Afrique: « 35.3 » et « EZF ». Il nous les explique.

« 35.3 » et « EZF », vos deux solutions à la problématique de l’emploi des jeunes en Afrique. Une problématique, pourtant, si vieille. Peut-on savoir de quoi il est question ?

L’initiative 35.3 est née d’un constat très simple. Aujourd’hui, les États africains n’ont pas véritablement de solutions pour l’emploi des jeunes. La solution d’excellence qui apparait pour les États , c’est l’entrepreneuriat ou l’auto-emploi. Par exemple, la Côte d’Ivoire produit près de 10.000 étudiants en fin de cycle chaque année dans les universités, sans compter les grandes écoles et les gens qui sont en chômage technique, etc. Véritablement, l’emploi apparaît comme l’un des problèmes clés des États Africains. On nous dit également que d’ici 2050, on aura plus d’un milliard de jeunes à travers l’Afrique. Au niveau de notre Fondation, nous avons fait des études qui corroborent d’autres études qui démontrent que les trois problèmes majeurs qui empêchent les jeunes d’entreprendre, c’est premièrement, l’accès aux fonds et à l’investissement ; deuxièmement, la fiscalité et les impôts ; et troisièmement, l’accès aux contrats et aux marchés. Dans le sens que le jeune, aujourd’hui, pour entreprendre, il va dire, je n’ai pas d’argent. Ensuite, quand il entreprend, dès le premier jour, il doit payer des impôts, patentes, etc. ,de sorte que beaucoup de jeunes ne se retrouvent pas et ils abandonnent. Enfin, lorsqu’il tient, pour avoir un marché, c’est la galère. On va lui poser tellement de conditions qu’il finira par se décourager. Si ces trois problèmes ne sont pas résolus, le problème de l’emploi des jeunes ne sera jamais résolu en Afrique. Ce que nous avons décidé de faire, c’est de nous attaquer à ces trois problèmes. Concernant le financement, nous avons mis en place, et c’est l’un des projets phares que porte la Fondation, la technique EZF (Entreprendre à partir de Zéro franc). Nous avons une série de formation sur comment démarrer son entreprise, même lorsque vous n’avez pas accès à un financement. Pour résoudre le problème de l’accès aux marchés, nous avons mis en place le « matching ». C’est-à-dire qu’aujourd’hui, nous avons une base de données, où on met en contact le jeune Ivoirien avec le jeune Sénégalais ou le jeune Sud-Africain qui crée une entreprise pour qu’ils forment un genre de holding et puissent compétir avec des entreprises plus consistantes. Parce que le grand handicap qui bloque les jeunes dans l’accès aux marchés, c’est le fait qu’on leur reproche de ne pas avoir d’expériences. Le fait de les regrouper augmente leurs chances d’avoir accès aux marchés. Pour résoudre le problème de la fiscalité, nous proposons l’initiative 35.3. Ici, ce que nous disons aux États africains, c’est que si vous voulez résoudre le problème de l’emploi des jeunes par l’entrepreneuriat, levez cette contrainte des impôts en prenant une loi qui dit que « tout jeune de 35 ans et moins qui crée une entreprise, ne paie aucun impôt pendant 3 ans ». Ainsi, lorsque le jeune va savoir qu’en créant son entreprise, il ne va pas être tout de suite assailli d’impôts, il va se concentrer sur son entreprise.

Belle initiative à première vue. Mais, en avez-vous parlé aux États africains ?

Nous avons eu des discussions informelles avec des gens dans plusieurs institutions dont l’Union africaine. On nous a dit que pour amener un tel projet sur la table de l’Union africaine, il nous faut démontrer qu’il y’a des personnes, des jeunes qui sont d’accord avec notre idée. Nous avons donc initié une pétition. Nous nous sommes donné pour objectif d’atteindre un million de signatures. Nous avons ouvert une page facebook. Le site de l’initiative sera bientôt ouvert où les jeunes pourront signer la pétition et, évidemment, s’inscrire dans la base de données. Quand nous aurons atteint cet objectif, nous pourront aller vers l’Union africaine.

Avez-vous pensé aux financements de ce projet? Vous parlez de 35 ans et moins. C’est quasiment la moitié de la population africaine qui, lorsqu’elle va décider d’entreprendre, ne paiera pas d’impôt pendant 3 ans. Comment les États financent-ils tout cela ? Comment comblent-ils ce manque à gagner ? 

Nous savons effectivement que cela peut constituer un manque à gagner pour les États en termes de recettes fiscales. Donc, ce que nous proposons, c’est que les jeunes vont s’engager selon des conditionnalités. Ces gens qui vont bénéficier de cette loi, doivent s’engager à employer au moins 3 personnes ; donc création d’emplois. Deuxièmement, ils s’engagent à recevoir au moins 5 élèves ou étudiants en stage durant les vacances. Ensuite, les entreprises seront reliées aux personnes individuelles de sorte les jeunes qui s’y engagent ne puissent pas en bénéficier plus d’une fois. Les États retrouveront cet argent perdu dans les emplois qui sont créés. Et,si au bout des 3 ans, le jeune fait un bénéfice de plus de 30% de son chiffre d’affaire, il paiera les impôts sur le surplus de ce bénéfice. Actuellement, nous sommes en train de mener des études plus détaillées. Pour nous, dans les premières études préliminaires que nous avions faites, cela va créer un effet d’entrainement qui va permettre aux États de combler ce manque à gagner, dans le sens qu’il y a de l’emploi qui est créé ; de l’investissement qui est fait parce que les jeunes vont acheter les équipements ; il y aura de l’exportation de marchandises, etc. Il y a du commerce qui sera généré.

Il y a deux des problèmes bien réels en Afrique : le manque de statistiques et l’absence de mécanismes de suivi dans beaucoup de projets similaires. En avez-vous tenu compte ? Les Africains ont-ils les moyens de suivre une telle initiative de bout en bout ?

C’est une bonne et grosse question. Personnellement, j’ai eu à mener plusieurs études de développement. J’ai fait partie de l’équipe qui a rédigé le PND (Plan national de développement) en Côte d’Ivoire. J’ai fait partie de l’équipe qui a rédigé la nouvelle politique industrielle de la Côte d’Ivoire. J’ai eu à enseigner en France, HEC Paris, aux USA, etc. Je parle en connaissance de cause. Je suis au cœur des choses. C’est pour cela que pour le site qui sera opérationnel dans quelques semaines, dans la pétition, on va demander aux jeunes de s’inscrire dans la base de données. Ainsi, ceux qui vont décider de créer une entreprise, automatiquement, seront suivis pour qu’on ait une traçabilité et qu’on voie qu’effectivement, il y’a des jeunes qui ont créé des entreprises à l’issue de tout ça. Nous ne prétendons pas qu’à l’instant , nous pouvons répondre à toutes les questions. Mais, je pense, véritablement, que c’est l’inaction qui rend nos États sous-développés.

Vous êtes-vous dit, un moment, qu’il faut essayer tout cela sur un échantillon ? Vous parliez tantôt de l’Union africaine. Pourquoi ne pas prendre un seul pays et tester l’initiative ?

Pour nous, cette sélection va se faire de façon naturelle. Nous ne pensons pas que tous les 54 États africains vont nous suivre le même jour. Nous avons déjà commencé à discuter avec certains États , notamment, la Côte d’Ivoire et le Sénégal où nous avons eu des contacts assez avancés. Je pense que ces États vont partir tout de go. Et, progressivement avec les résultats, c’est pour cela que la question que vous avez soulevée sur les statistiques et sur la collecte des données est très importante, les autres États vont voir qu’effectivement cette méthode crée de l’emploi et que ce qu’ils pensaient perdre en termes de recette fiscales est minime par rapport à ce qu’ils gagneront. Et pour en revenir à la question du manque à gagner, il faut voir les choses dans le temps. Cela veut dire que, si au bout des trois ans, il y’a 100 000 entreprises qui sont créées dans un État donné, imaginez ce que l’État va gagner en impôt au bout de ces trois ans. Par rapport au fait qu’on aurait eu seulement 1000 entreprises créées. C’est un système gagnant-gagnant. Au lieu d’avoir zéro ou 1000 entreprises créées qui paient peut-être un milliard d’impôt. Imaginez 100 000 entreprises qui paient l’impôt au bout des trois ans. Parce qu’on ne dit qu’il ne faut pas payer d’impôt. C’est juste que ces jeunes ne paieront pas sur trois ans.

En Côte d’Ivoire où vous résidez, la question de l’emploi des jeunes semble avoir été prise à bras le corps par les autorités en place à Abidjan. Un ministère y est même dédié. Quels sont vos rapports avec ce ministère ?

La Fondation a un contrat avec l’État de Côte d’Ivoire à travers le ministère de l’emploi jeune. C’est nous qui formons les jeunes à l’entrepreneuriat. L’année dernière, nous avons formé 3500 jeunes. Cette année, nous devions former 65 000, mais ce nombre a été ramené à 35 000 pour des problèmes de budget. Au niveau des partenariats, nous avons signé avec le ministère de l’enseignement supérieur pour pouvoir former gratuitement tous les jeunes en fin de cycle à l’entrepreneuriat avec le système EZF. La première session a démarré, il y a 3 semaines à Bouaké. Nous allons former 10 000 étudiants chaque année. Nous avons aussi un partenariat avec la BAD (Banque africaine de développement), où ils ont sélectionnée 10 pays pour tester la technique « Entreprendre à zéro franc ». Ils l’ont déjà fait en Côte d’Ivoire et ont remarqué que le taux de réussite des jeunes qui utilisent la technique EZF est supérieur à celui de ceux qui utilisent les voies classiques.

Si vous devez résumer la technique « Entreprendre à zéro franc », cela donnerait quoi concrètement ?

Pour résumer cela, il faut comprendre la définition que nous donnons à « zéro franc ». Pour nous, « zéro franc », c’est lorsqu’on n’a pas recours aux financements traditionnels des banques. La meilleure manière, pour moi, d’expliquer cela, c’est de donner un exemple concret. C’est une jeune dame qui est venue à notre formation avec un projet de fabrication d’habillage pour tablette à partir de pagne wax avec un business plan pour lequel elle cherchait un financement afin d’ouvrir un magasin. Nous lui avons demandé de nous envoyer deux de ses robes en pagne. Nous les avons déchirées et lui avons demandé de faire des modèles avec. Puis, nous avons créé une page Facebook où nous avons exposé ces modèles. Le premier marché qu’elle a eu dans notre réseau de matching, c’était 1000 Euro. Aujourd’hui, elle a deux magasins sans avoir pris un franc avec quelqu’un.

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30 Aug

A 26 ans, il reçoit 10 millions de dollars pour sa start-up

A 26 ans, il reçoit 10 millions de dollars pour sa start-up

Un entrepreneur nigérian de 26 ans travaille à transformer la façon dont les banques et les entreprises procèdent aux paiements en Afrique.

Iyinoluwa Aboyeji, co-fondateur de Flutterwave, une API de paiement conçue pour simplifier les paiements – espère utiliser la plate-forme pour intégrer plus d’Africains dans le secteur financier traditionnel.

Le start up, qui a récemment reçu 10 millions de dollars de fonds provenant des investisseurs américains, intègre les sociétés financières et les autres fournisseurs de services de paiement dans sa plate-forme dans le but de minimiser le fardeau des dépenses supplémentaires que les entreprises doivent supporter lors de la réalisation des paiements.

«Notre infrastructure de paiement de bout en bout couvre tous les aspects du traitement des paiements; De fournir les paiements Gateway API à la gestion des risques et du règlement des paiements « , déclare Flutterwave sur son site web.

« Cela réduit le besoin de multiples intégrations de passerelle de paiement héritées qui augmentent le risque de paiements échoués ».

Les banques à travers l’Afrique adoptent cette plate-forme car elles leur ont permis de maintenir une expérience numérique transparente pour leurs clients.

C’est un système de paiement unique qui se connecte directement aux cartes locales et internationales ainsi qu’aux systèmes de transfert d’argent mobile et aux comptes bancaires à travers le continent, ce qui permet aux utilisateurs d’envoyer et de recevoir de l’argent partout dans le monde.

Changer le visage de l’Afrique

Flutterwave, une start-up de Silicon Valley, compte Y Combinator, Omidyar Network et Social Capital comme certains de ses principaux investisseurs.

Actuellement, l’entreprise traite plus de 1,2 milliard de dollars de paiements numériques dans 10 millions de transactions et accepte 350 devises dans 30 pays africains. Tous les commerçants sont facturés à de petits frais de service, dont un petit pourcentage concerne les banques.

Le siège social de la société est situé à San Francisco, aux États-Unis, mais il possède également des bureaux au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud.

Aboyeji, qui est également le fondateur d’Andela – une plate-forme en ligne reliant les entreprises aux meilleurs développeurs de logiciels africains – attribue l’idée de commencer Flutterwave au désir d’améliorer la vie grâce à la technologie.

Le codeur brillant a quitté Andela en août de l’année dernière pour démarrer Flutterwave avec l’aide d’un groupe de banquiers, d’ingénieurs et d’entrepreneurs africains.

Il a également travaillé comme conseiller chez Africa Angels Network (maintenant CRE VC), qui est actuellement le plus important fonds d’amorçage en Afrique avec plus de 18 investissements dans neuf pays.

Aboyeji est titulaire d’une licence en études internationales, études juridiques et développement international de l’Université de Waterloo  et un diplôme scolaire de l’Ontario en anglais, en économie, études juridiques et développement

international du Columbia International College.

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23 Jul

Zoom sur Linda Ikeji,la bloggeuse la plus influente et la mieux payée du Nigéria.

Zoom sur Linda Ikeji,la bloggeuse la plus influente et la mieux payée du Nigéria.
Moins connue dans le monde francophone, Linda Ikeji est une vraie star au Nigéria. Cette ancienne mannequin est la première à avoir montré que le blogging pouvait rendre riche. Elle fait d’ailleurs désormais partie des plus grandes fortunes et célébrités de son pays, avec des revenus estimés à 1 millions de $ par an. Comment cette jeune femme issue d’une famille modeste en est-elle arrivée là ?
D’une enfant de famille modeste à la femme d’affaire millionnaire

Second enfant d’une famille originaire de Nkwerre, Linda a appris dès son plus jeune âge à se responsabiliser, elle a pris conscience du rôle qu’elle avait au sein de sa famille. À 18 ans, elle entame des études d’anglais à l’université de Lagos. Pour arrondir ses fins de mois, elle fait du mannequinat et enchaîne les petits boulots de serveuse mais aussi de rédactrice. Même si cela ne payait pas beaucoup, elle n’a pas baissé les bras et a continué afin de nourrir sa famille. Mais Linda se fit une promesse qu’elle a tenu : « Un jour, je réaliserai quelque chose. Tout l’argent que je gagnerai sera mon argent que j’aurai mérité. Aucun Homme ne m’enlèvera ma dignité, c’est tout ce que j’ai. »

En 2004, elle obtient son diplôme de l’université de Lagos puis débute le blogging comme Hobby avec lindaikeji.blogspot.com. À l’époque, internet n’était pas aussi développé qu’aujourd’hui et devait donc passer des heures dans des cybercafés. C’est en 2007 qu’elle est devenue une bloggeuse active. Sa spécialité : les potins de people, mais aussi les faits divers et le divertissement, sans d’ailleurs forcément demander l’autorisation aux publications d’origine.

Petit à petit, le blog de Linda Ikeji devient une référence et est de plus en plus visité. Elle passe progressivement de centaine de visiteurs par mois au million. En prenant conscience de l’importance que gagnait son blog, elle prit son activité au sérieux et se mit vendre des espace de publicité et des bannières. D’ailleurs, le bandeau en haut du site vaudrait un peu plus de 4000 dollars. Des estimations révèlent que les revenus de son blog peuvent atteindre le million de dollar par an grâce aux annonces publicitaires.

Ainsi, c’est sans capital que Linda Ikeji, partie de rien, a débuté son business et est devenue la bloggeuse la plus influente et la mieux payée du Nigéria. Le secret de son succès, c’est d’abord sa proximité avec les vedettes nigérianes. Cet ex-mannequin fréquente le gratin de Nollywood, de la musique, de la politique et de la finance.

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Un projet d’aide aux femmes « I’d rather be self made ; No thanks »

Parallèlement, elle conduit un projet social nommé « I’d rather be self made ; No thanks” (je préfère être une self-made ; non merci) qui suit ce qu’elle s’est toujours promis. A travers ce dernier elle accompagne des jeunes femmes âgées de 16 à 25 ans qui souhaitent développer un business. Plus récemment, elle a crée sont propre réseau social, nommé Linda Ikeji Social qui compte déjà des milliers d’utilisateurs.

Considérée comme une des personnes les plus influentes du paas, les hommes politiques essaient de se rapprocher de Linda Ikeji pour séduire la jeunesse. Lors de l’élection présidentielle et de celle des gouverneurs en avril 2015, des dizaines de milliards de dollars ont été dépensés pour des influenceurs et Linda a touché sa part du gâteau. L’ex-Président Goodluck Jonathan au pouvoir jusqu’en mai 2015 a tout fait pour se rapprocher d’elle comme de nombreux people et stars de Nollywood. Sa proximité affichée avec les vedettes avait aidé l’ancien chef de l’Etat à être élu une première fois en 2011. Mais quatre ans plus tard, cela n’a pas suffi à lui faire conserver ses fonctions.

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Entre fascination et répulsion

Linda Ikeji suscite à la fois un sentiment de fascination et de répulsion. Dans les milieux des hautes personnalités, elle est crainte et détestée. Cela s’explique par ses posts parfois enragés capables de détruire des réputations. Mais la jeune femme reste un modèle pour des millions de Nigérianes rêvant d’accéder à son monde de paillettes. De plus, elle reste un exemple d’émancipation pour de nombreuses jeunes filles dans un pays où de nombreuses femmes ont du mal à acquérir leur indépendance.

On ne peut que prédire que son marché a un potentiel encore très important et ce d’autant plus qu’elle n’ignore rien du marketing.  A l’heure actuelle, selon les chiffres, 30% des 180 millions de Nigérians bénéficient d’un accès à internet. D’ici à 2050, le pays devrait compter plus de 400 millions d’habitants, dont de nombreux connectés. Le potentiel de progression de blogs tels que celui de Linda Ikeji est donc particulièrement important. Sans oublier que les rumeurs sur les hauts placés et les faits divers ont le vent en poupe.

Par Céline Bernath -Amina Mag

23 Jul

Voici le premier zimbabwéen à concevoir et fabriquer un véhicule à moteur électrique et un hélicoptère hybride

Voici le premier zimbabwéen à concevoir et fabriquer un véhicule à moteur électrique et un hélicoptère hybride

Sangulani Chikumbutso dirige la société Saith Technology, spécialisée dans l’énergie et la communication. Le jeune inventeur, qui est né et a grandi à Kuwadzana, une banlieue résidentielle de Harare la capitale, déclare volontiers « défier les lois de la physique » dans le domaine de technologie. Zoom sur quatre inventions phares du prodige présentées au public.

L’hélicoptère hybride

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Conçu sur un modèle futuriste, cet hélicoptère dispose de deux sièges et utilise six types de carburants différents. Baptisé Saith Hex-Copter, il est doté d’un moteur à propulsion hybride. Pour la fabrication de son prototype, Sangulani Chikumbutso explique importer quelques pièces, notamment celles numériques et le graphite mais l’essentiel de la production est local. En dehors du graphite, un grand nombre de composants métalliques sont fabriqués avec des matériaux en aluminium et en acier. La caractéristique la plus novatrice de cet hélicoptère est certainement la technologie Fly-by-wire dont il est doté qui permet un contrôle manuel avec l’électronique, ce qui le rend plus léger en altitude.

La voiture électrique écologique

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La voiture mise au point par l’inventeur zimbabwéen a l’avantage d’être écologique, donc respectueuse de l’environnement, dans un contexte de réchauffement climatique. Elle est en effet équipée d’un moteur électrique qui utilise l’énergie verte mise au point lors de la fabrication du Greener Power Machine. Chikumbutso affirme ne pas avoir conçu le modèle du véhicule. Cependant, il en fait fabriquer la coque par des artisans, localement. Contrairement aux voitures électriques déjà commercialisées de par le monde, son invention n’a pas besoin d’être constamment chargée à partir d’une source d’électricité. Les cinq batteries spéciales dont elle est dotée produisent dès le démarrage la quantité d’énergie nécessaire pour rouler. La charge se poursuit en continu tant que le véhicule est en mouvement. Son pic de vitesse est de 90km/h.

Le drone de surveillance autonome

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Le drone intelligent Mesh IP sert à la fois à la surveillance et à la communication. Selon son concepteur, il est entièrement indépendant et peut se diriger de façon autonome, ce qui en fait un modèle unique. « La plupart des drones disposent de télécommandes pour effectuer des vols réguliers, mais très peu possèdent la fonction de pilote automatique. Le logiciel spécifique à cette fonction a été introduit à partir du Canada », précise t-il sur le site internet de Saith Technologies. Pour réaliser cette prouesse technologique, le jeune inventeur a entrepris de synchroniser numériquement les radars, moteurs, et capteurs. Le drone peut être programmé pour faire demi-tour en fonction des conditions climatiques ou en cas de recherches infructueuses.

La Greener Power Machine (GPM)

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Cette invention est, selon le site d’information blackfeelings.com, en passe de révolutionner le secteur de l’énergie. Fabriqué localement, ce générateur produit de l’énergie propre, 100 % écologique et a une capacité de 500000 Watts. Pour parvenir à ce résultat, l’inventeur zimbabwéen a utilisé la technologie radio. Novateur, ce générateur est conçu pour canaliser l’énergie qu’il produit et de la convertir en énergie électrique directement utilisable par les appareils électriques.

Avec toutes ces inventions, ce passionné d’électronique peut estimer avoir réalisé son rêve d’enfant. Lui qui ambitionnait de suivre les traces de son père mécanicien.

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23 Jul

un jeune étudiant kenyan invente un détecteur numérique d’alcoolémie qui bloque la voiture si nécessaire.

un jeune étudiant kenyan invente un détecteur numérique d’alcoolémie qui bloque la voiture si nécessaire.

Un jeune kényan, Alex Menjo, étudiant en 5ème année d’ingénierie de l’information et des télécommunications à l’Université Multimédia du Kenya (MMU), s’est illustré positivement avec son détecteur numérique d’alcoolémie qui bloque la voiture si nécessaire.

Cet outil, il l’a développé pour réduire le risque de survenue d’accidents de la circulation provoqués par la conduite en état d’ivresse au Kenya. Le système numérique, contrairement au test d’alcoolémie utilisé par la police routière nationale, empêche les conducteurs ivres de prendre le volant. Doté d’un analyseur d’haleine, cette innovation TIC convertit les données d’alcoolémie du conducteur, récoltées dans l’habitacle du véhicule, en impulsions électriques. Si la mesure du niveau d’alcoolémie est élevée, le système déclenche un capteur qui bloque le démarrage du moteur. Le moteur de la voiture ne pourra pas démarrer, aussi longtemps que le conducteur ivre sera derrière le volant et que son niveau d’ivresse, enregistré par le système, demeurera élevé.

Inspiré du test d’alcoolémie utilisé par les patrouilles de la police routière nationale, le système développé par Alex Menjo peut être fixé soit sur le volant, soit sur la portière du conducteur. Lorsque le moteur se bloque, l’innovation peut également émettre un signal de géolocalisation pour permettre au propriétaire du véhicule, si c’est un de ses proches, de le retrouver facilement.

D’après l’Autorité Nationale de la Sécurité des Transports (NTSA), plus de 1 602 personnes ont déjà perdu la vie, suite à des accidents de circulation au cours du premier semestre de cette année.

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23 Jul

Ces jeunes qui surfent sur le boom du business africain

Ces jeunes qui surfent sur le boom du business africain

«We are at the right place at the right time. » Voilà comment l’homme le plus riche de Tanzanie, Mohammed Dewji, 40 ans, explique le succès de toute une génération d’entrepreneurs africains.

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Le plus jeune milliardaire du continent – sa fortune est estimée par le magazine Forbes à 1,25 milliard de dollars – est l’une des figures de proue de cette génération. Son entreprise, MeTL, qui produit et commercialise des biens de grande consommation – détergents, savons, huiles de cuisine – est devenue en dix ans le plus gros conglomérat de ce pays de 50 millions d’habitants. Sur cette période, le chiffre d’affaires a été multiplié par 60 et dépasse aujourd’hui 1,5 milliard de dollars. « Mon entreprise a profité de la forte croissance économique en Tanzanie et en Afrique de l’Est, comprise entre 6 et 8 %, explique Mohammed Dewji. Je me suis focalisé sur l’export en misant sur la technologie et la vente sur Internet. »

Le jeune PDG tanzanien figure à la deuxième place du classement des 100 « jeunes dirigeants africains de 40 ans et moins », publié en octobre par l’institut français Choiseul. « Il incarne parfaitement cette nouvelle génération d’entrepreneurs qui ont permis à leur entreprise de connaître une croissance rapide et dont beaucoup sont issus de l’Afrique anglophone », précise Pascal Lorot, le président de ce think tank libéral.

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Tirés par une économie dynamique, le Nigeria, le Kenya, la Tanzanie et l’Afrique du Sud sont les pays les mieux représentés dans un classement qui fait la part belle aux nouvelles technologies. Plusieurs entrepreneurs, comme la Sénégalaise Mariéme Jamme, 41 ans, considérée par Forbes comme l’une des vingt femmes les plus influentes d’Afrique, ont ainsi su profiter du boom de l’utilisation d’Internet et de la téléphonie mobile sur le continent.

Sa société SpotOne, qui aide des fabricants de logiciels à s’implanter en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, connaît depuis dix ans un succès croissant. « Avec le téléphone portable, on peut savoir où se trouve le bureau de vote le plus proche, organiser le travail dans les champs, anticiper sur la météo, déclare-t-elle. C’est une petite révolution pour l’Afrique. »

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Le Camerounais Tony Smith, 31 ans, un ancien ingénieur chez Boeing et Microsoft, que la presse de son pays présente comme le « Steve Jobs camerounais », lui, a créé en 2011 Limitless Corporation, une société spécialisée dans la conception de logiciels, de smartphones et de tablettes. « L’industrie du mobile a contribué à hauteur de plus de 100 milliards de dollars à l’économie de l’Afrique subsaharienne en 2014, soit 5,7 % du PIB de la région, c’est colossal, argumente-t-il.

Près de 400 millions de personnes utilisent un téléphone mobile en Afrique subsaharienne. On doit surfer sur cette dynamique qui est notamment due au développement de la classe moyenne. » Selon la Banque africaine de développement, celle-ci devrait passer de 370 millions de personnes en 2015 à 462 millions en 2060. Mais cette croissance crée-t-elle vraiment des emplois sur le sol africain ? « Des 24 entreprises du groupe, 17 sont basées sur le continent, répond Tony Smith. Et 300 de nos 480 salariés sont présents au Nigeria. L’objectif est de créer 20000 emplois en Afrique d’ici trois ans. »

Pour se hisser à ce niveau de performance, ces chefs d’entreprise ont dû s’exiler pour avoir accès aux meilleures formations. HEC, London School of Economics, Harvard, Polytechnique, universités du Maryland ou de Moscou… Pascal Lorot constate d’ailleurs : « Ces jeunes patrons sont de plus en plus globalisés, ils ont souvent un double, voire triple cursus universitaire. » Mais tous ne reviennent pas en Afrique. Pas encore !

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